Du yoga à la yogathérapie- N°2
La yogathérapie, en soignant le corps et l’âme, enseigne à l’homme l’art de se maintenir en bonne santé physique, car le corps est le temple de l’âme,(atman), étincelle de la Conscience Cosmique (paramatman).
Christine Chaput

La santé est un prérequis fort pour atteindre la stabilité et la paix du mental.
Cette médecine, en soignant le corps et l’âme, enseigne à l’homme l’art de se maintenir en bonne santé physique, car le corps est le temple de l’âme,(atman), étincelle de la Conscience Cosmique (paramatman).
Nous allons voir ici comment le texte du Yogarahasya nous guide sur les grands principes de la yogathérapie.
Le Yogarahasya (YR) de Nathamuni, retrouvé à son adolescence par Krishnamacharya (voir article Yogathérapie-1), fait état de 3 causes de souffrances, les causes internes, adhyatmika, les causes externes, adhibautika et celles provenant des forces naturelles, adhidaivika.
Les circonstances d’apparition de maladie doivent être analysées au vu de la constitution, des lieux, des occupations, des saisons et des associations erronées de la personne : YR Ch 1-24, ainsi qu’au non respect des yama-nyama des Yoga Sutra : YR Ch 4-17.
Les pratiques de yogathérapie seront établies dans le sens du rétablissement d’un environnement favorable, et accordées aux capacités présentes de la personne.
Les postures pratiquées à but thérapeutique (cikitsa) seront adaptées sous forme de variantes : YR Ch1-55.
Le contrôle du souffle dans les postures permet de brûler les impuretés comme le feu celles du métal en fusion et le pranayama brûle les impuretés des sens : YR Ch1-56.
Ce texte décrit, entre autres, longuement les effets des bandha ainsi que leurs utilisations précieuses, lorsqu’ils sont associés au pranayama, avec la prédominance de l’importance illimitée de nadishodhana.
Par exemple jalandhara bandha est précieux pour réduire les maladies cardiaques, les maladies des yeux, du nez, des oreilles, et la soif; celles-ci diminueront ainsi que leur causes (addictions par exemple).
Le pranayama avec mantra (OM, le principal mantra, ou bien la gayatri mantra) agit très rapidement sur l’agitation mentale et renforce la concentration. Mais pour rentrer dans une démarche thérapeutique, les pranayama doivent être pratiqués 3 fois par jour : YR Ch 2-62.
Le chapitre 3 ouvre sur une large partie consacrée aux femmes enceintes ; par exemple ujjayi et des rétentions appropriées pour favoriser leur sommeil, ainsi que jalandhara bandha pour diminuer les gaz pendant la grossesse. Dvipadapitham facilite le bon placement du fœtus et le travail à l’accouchement.
Pour les troubles mentaux, les pranayama, les mantra et les concentrations seront privilégiés.
Tous ces moyens (upaya) sont de merveilleux et puissants outils qui peuvent alléger, voir guérir de nombreuses maladies, mais comme tout moyen puissant doivent être utilisés avec doigté car ils pourraient aussi amener des effets secondaires indésirables.
Ils sont indissociables des préceptes de vie contrôlée dont une alimentation équilibrée et adaptée telle que décrite dans la Hatha-yoga-pradipika (HYP) comme étant bénéfique : l’estomac sera rempli avec 2 quarts de nourriture onctueuse et goûteuse, un quart avec de l’eau, un quart restant libre pour la circulation de l’air : HYP Ch1-58.
La yogathérapie n’est pas uniquement basée sur les textes, mais surtout sur l’expérience de nombreux yogis et praticiens. De plus elle est aussi liée à l’Ayurveda, par l’utilisation de la prise des pouls par exemple et l’analyse du terrain à la lecture des dosha.
Sri Acharya Neeraj Yogi dit qu’il utilise d’abord la yogathérapie, qu’il peut compléter par la naturopathie indienne qui ne se base que sur les 5 éléments (terre, eau, feu, air et éther). Si cela est nécessaire il demandera l’aide de l’ayurveda. Et en ultime recours il dirigera son patient vers un traitement allopathique.
Dans son livre, très détaillé « Prévenir et Guérir par le yoga », Christine Campagnac-Morette mentionne son maître, Swami Anandanand qui a monté un centre de recherche et de traitement yogique à Jaïpur en Inde, avec le gouvernement du Rajasthan, destiné aux patients souffrant de maladies chroniques comme le diabète, l’asthme et les troubles gastro-intestinaux, dans les années 1960.
Les soins de 1 à 3 mois, sans médicaments sont pris en charge par l’Etat.
Puis en 1969, un autre établissement est ouvert pour les patients dialysés et des malades avec troubles mentaux. Les résultats atteints suscitent un grand intérêt. Tous les traitements commencent par les nettoyages (shat-karma), comme en ayurveda (panchkarma).
La yogathérapie nécessite donc une solide formation auprès d’un maître ou d’un centre de formation, avec comme toute pratique de thérapie, en plus d’une pratique approfondie du yoga, l’étude de nombreux cas, préalable à toute intervention et la supervision du thérapeute par un praticien expérimenté, pendant une longue période.
Christine Chaput, mars 2026
