Le Yogasūtra de Patañjali. L’exploration joyeuse de la réalité

JEAN BOUCHART D’ORVAL

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Quelques extraits


Parmi les innombrables textes spirituels produits par l’Inde au fil des millénaires, peu ont atteint la notoriété du Yogasūtra de Patañjali, mais peu ont été autant récupérés pour lui faire dire autre chose que ce que son auteur a vraiment exprimé. Cela tient en partie au laconisme du genre littéraire sūtra et au manque de documents historiques pouvant nous éclairer sur ses origines et sa composition.

JEAN BOUCHART D’ORVAL

Le Yogasūtra, bien sûr, traite du yoga. Mais quel yoga ? Certainement pas, celui des professeurs de yoga, pas ce que l’Occidental moderne entend par ce mot. Ce yoga postural est plutôt d’origine tantrique. Patañjali ne mentionne le mot āsanam qu’une seule fois.

JEAN BOUCHART D’ORVAL

Patañjali définit lui-même le yoga au verset I-2: Yogaś cittavṛttinirodhaḥ, « le Yoga est la cessation des fluctuations du mental ». Depuis des siècles, combien de commentateurs répètent la même ânerie, à savoir que yoga signifie ici « union » ?

JEAN BOUCHART D’ORVAL

Patañjali évoque ensuite l’importance de la pratique assidue (abhyāsa) de la tranquillité. Il est question de l’énergie (yatnaḥ) déployée en vue de la tranquillité, énergie rendue possible par une passion absolue : cette énergie doit-être déployée pendant longtemps et sans interruption.

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Finalement, lorsque même cette impression mentale est mise à l’arrêt (nirodhaḥ), parce que toutes les impressions sont à l’arrêt, Patañjali parle de nirbhīja samādhiḥ (le samādhi sans semence, ou absolu). Là ne subsiste que la Puissance non née que nous sommes tous.

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