« Laissez entrer les pensées mais ne leur servez pas le thé »
A t’on un autre choix que de laisser entrer les pensées ? Y aurait il une barrière magique qui permettrait de les « laisser entrer « ou pas ?
Un retour du cercle de parole par Didier Zadwadski

Le cercle de parole du mardi 22 septembre 2026 proposait pour thème un proverbe zen
« Laissez entrer les pensées mais ne leur servez pas le thé ».
Je vous livre ici quelques réflexions amenées par les rebondissements d’échanges entre les participant.es.
A t’on un autre choix que de laisser entrer les pensées ? Y aurait il une barrière magique qui permettrait de les « laisser entrer « ou pas ?
A bien y réfléchir, les pensées-images surgissent dans notre esprit sans nous demander notre avis, et il semblerait illusoire de vouloir en contrôler le flux.
Contrairement à certains enseignements qui encouragent à « arrêter les pensées » (bon courage si vous voulez essayer!), il ne faut pas avoir peur des pensées: la pensée n’est pas en cause comme étant maléfique ou gênante dans le yoga, c’est plutôt l’usage que l’on en fait.
De plus, est ce que ne pas avoir de pensées pendant quelques secondes ou minutes, permet d’avancer sur le chemin de la réalisation, but ultime du yoga ?
La réalisation étant un état ancré dans la réalité du monde est elle vide de toutes les pensées ?
A ces deux questions, nous avons répondu Non, certainement pas.
Le proverbe zen pointe dans le sens de ne pas inviter les pensées qui surgissent à s’installer, en leur offrant la cérémonie du thé.
Mais il semble plus juste de dire (ou penser), qu’il est bon de retenir et savourer, développer des pensées utiles, alors qu’il vaut mieux éviter de s’attarder sur des pensées inutiles et néfastes.
Cette phrase renvoie donc directement à l’ancrage du yoga dans notre vie quotidienne, à l’attention profonde, à la Présence et donc à l’Intelligence que nous mettons dans notre vie.
Dans cette façon de porter attention au fonctionnement de notre mental, Il est particulièrement important d’être présent: s’il n’y a pas la Présence, il n’y a pas d’Intelligence, et inversement.
Au lieu de PENSER, il faut VOIR.
Pour tenter d’aller plus loin dans cette conclusion, je vous livre à postériori ci- dessous quelques pistes données par Krishnamurti et Sri Nisargadatta Maharaj.
Ce que dit Krisnamurti dans son livre « L’impossible question » (extraits en italique)
On peut regarder à partir de sa science, de ses préjugés, de ses particularités, on est alors un spectateur séparé du monde. Il s’agit de découvrir comment regarder de façon à VOIR tout ce qui se passe en soi et hors de soi, comme un processus unitaire, un mouvement
global dont on fait partie, et dont on n’est pas séparé.
Il ne s’agit pas de nous identifier avec le monde: nous SOMMES le monde. Il faut être suffisamment sérieux pour écouter totalement, pour découvrir par nous même cette lumière que rien ne peut éteindre, une manière de vivre qui ne dépend d’aucune idée, toujours libre, nouvelle, jeune, vivace, cela dépend de nous.
Ce que dit Sri Nisargadatta Maharaj dans son livre
« Je suis » (extraits en italique)
Le mental crée l’abîme
Le coeur le traverse
Il me semble que c’est un raccourci saisissant pour imager la différence entre PENSER et VOIR
Tu n’es pas ce que tu crois être
Trouve ce que tu es
Observe le sens de JE SUIS
Découvre ton véritable soi
Mais comment ?
Il suffit de savoir ce que vous n’êtes pas, car essayer de décrire ce que je suis passe par des perceptions, mots, concepts connus, or cela n’a aucun sens d’essayer de décrire ce que « je suis » par des concepts, mots, perceptions, connus. Nous ne sommes rien d’imaginable.
