La révolution du silence

« La méditation d’un esprit totalement silencieux est la bénédiction que l’homme ne cesse de rechercher »

Christine Chaput
Christine Chaput

Suite aux échanges du cercle de paroles du 22 septembre 2026, dont le thème était « Laissez entrer les pensées mais ne leur servez pas le thé », très belle pensée zen, au coeur de la recherche du yoga, j’ai eu envie de partager quelques extraits du merveilleux livre de Krishnamurti, « La révolution du silence« .

(Vous trouverez un compte rendu de ce cercle par Didier Zawadski aussi sur le site).

Il n’est pas ici question de seulement apaiser les pensées, d’aller vers plus de tranquillité intérieure, d’un approfondissement des pensées pour aller jusqu’au bout, d’une méditation qui chercherait à lutter contre les pensées, d’un effort, de vouloir autre chose que ce qui est.

Il y est question du silence de la pensée, qui est la définition même du yoga selon les Yoga Sutra de Patanjali, dès le deuxième sutra : le yoga est l’arrêt des fluctuations de l’activité du mental.

Je cite ici des extraits de ce livre.

« La méditation est le silence de la pensée, le déploiement du neuf, au dessus du passé répétitif. Donc la méditation produit la mort de cette répétition, pour provoquer l’immortalité du neuf. C’est le silence en lequel l’observateur n’est plus là dès le début. »

Krishnamurti expose les différentes formes de silence qui nous sont familiers, silence entre 2 bruits, entre 2 notes, silence de l’attente d’une réponse, le silence d’une maison, silence dans un temple, dans la nature, auprès d’un lac, le silence entre 2 humains qui ont partagé ou senti la même perception. Tous ces silences sont en dehors du silence de la conscience.

« L’expression du silence de la conscience qui n’est atteint par aucun bruit, aucune pensée, ni le vent d’aucune expérience, contient toutes les natures du silence, ces mouvements, ces variations. »

« Lorsqu’existe ce silence de la conscience, l’action en surgit, et cette action n’engendre ni confusion ni douleur, ni désordre. »

Quelles en sont les voies d’accès ?

« Ce qui est important dans la méditation, c’est la qualité de l’esprit et du cœur, celle d’un esprit innocent et vulnérable. »

« La méditation d’un esprit totalement silencieux est la bénédiction que l’homme ne cesse de rechercher ». « L’esprit méditatif suit son cours dans ce silence, et l’amour est sa manière d’être, il y a félicité et rire. »

« La méditation met fin à la pensée. Elle est aussi la fin du langage. Le bruit du langage construit sa propre cage. Le bruit de la pensée provient de la cage. Ne pas méditer c’est être comme un aveugle dans un monde de grande beauté, de lumière, de couleurs ». « La méditation est la totale inaction de la conscience qui voit ce qui est, une action continue du matin jusqu’au soir. L’immobilité de l’esprit n’est possible que lorsque le cerveau est tranquille, entraînant le repos des cellules cérébrales par la vision de ce qui est, sans réaction, projection… »

« La méditation n’a ni commencement ni fin. La méditation n’est pas être absorbé dans une idée ou une image : cela serait comme le jouet qui absorbe quelques temps un enfant ; ensuite le calme disparaîtrait. »

« L’esprit méditatif voit, observe, écoute sans le mot, sans opinion, attentif au mouvement de la vie tout au long de la journée. Alors, lorsqu’un esprit vigilant écoute le mouvement de la vie, intérieur et extérieur, le silence lui vient que n’élabore pas la pensée. La méditation est un mouvement dans l’immobilité. Le silence de l’esprit caractérise l’action vraie, alors que l’action engendrée par la pensée est une inaction, source de désordres. »

« Ce silence n’est pas perçu comme expérience. S’il est reconnu comme tel, ce n’est plus le silence». « Le silence transcende les limites de la récognition, car il n’a pas de frontières. »

« Dans ce silence toute notion de division disparaît. »

« La vérité n’est jamais dans le passé qui sont les cendres de la mémoire, celle-ci appartenant au temps. La vérité est une chose vivante qui n’est pas dans la sphère du temps. Elle peut être perçue d’instant en instant dans la vie quotidienne, et au-delà de toutes perceptions, là où l’observateur, l’observation et l’observé prennent fin et où la dualité cesse. »