Avez-vous le souvenir d’Eden ?
Ce temps où tout était paisible, joyeux, vivant et en harmonie. Je parle de votre vrai domicile. Et puis tout a été chamboulé : il a fallu trimer, enfanter, se battre, se désoler ou s’endurcir à la lecture des nouvelles du jour…
Avant les Hivernales de janvier 2026, un écrit de François Lorin ….

Avez-vous le souvenir d’Eden ?
Ce temps où tout était paisible, joyeux, vivant et en harmonie.
Je parle de votre vrai domicile.
Et puis tout a été chamboulé : il a fallu trimer, enfanter, se battre, se désoler ou s’endurcir à la lecture des nouvelles du jour…
Vous aviez été chassé de votre foyer où le seul feu qui brûlait était celui de l’amour !
Patanjali propose un mouvement de retour à la maison : abhyâsa, lequel s’appuie sur un effort pour retrouver, et retrouver encore, un espace de stabilité inaliénable en soi-même. Car votre domicile ce sont les profondeurs de vous-même.
Le chemin peut prendre du temps mais chaque pas compte et s’accompagne d’un sentiment de légèreté et d’accord.
La posture : âsana, est la soeur de la méditation : dhyâna ; les mudrâ-s sont les portes de l’attention : dhâranâ ; le prânâyâma ouvre sur la dimension sacrée de l’existence : samâdhi.
La pratique respectueuse qui englobe notre totalité : corps : deha, coeur : hridaya, esprit : âtman, dans sa répétition assidue mais toujours attentive et renouvelée ouvre les portes de notre demeure, à tout le moins les entrouvre et nous goûtons, ne serait-ce que momentanément la saveur du retour du fils prodigue chez lui.
Et cela renforce la soif : trishna de s’y établir pour de bon.
Cette soif n’est pas différente en nature du désir de posséder, de celui de contrôler, de celui de séduire, de celui de dominer, en bref n’est qu’une forme « majusculée » du désir : râga.
Car prétendre mériter tout ce que je désire, que la vie est à mon service avant tout, que j’ai le pouvoir de lutter et donc d’obtenir ce que je veux montre une déficience de la compréhension des lois de l’univers, du Dharma.
Dès lors, Patanjali indique la Voie royale du détachement : vairâgya.
Cette voie s’appuie sur des prises de conscience concernant l’origine de nos désirs et des limitations que génère la lutte pour les satisfaire.
L’origine fondamentale qui nous pousse sur le voie du désir : kâma c’est la perte de notre foyer originel et la souffrance qui en résulte et qui nous accompagne partout.
Ensuite, ce sont les aléas de notre enfance : manque d’amour, de soutien, de compréhension, de reconnaissance, d’acceptation.
Alors nous avons le choix : continuer à nous épuiser sur la route des conflits, des luttes, des frustrations, des satisfactions éphémères ou bien prendre de la hauteur et, s’appuyant sur les ailes du yoga, s’envoler dans le ciel de notre paix et de notre joie.
François Lorin
