Différentes voies d’éveil, Regard 72

Dans ce numéro de Regard 71, nous explorons "différentes voies d’éveil" avec des adeptes d’autres communautés spirituelles qui nous expliquent en quoi leurs pratiques constituent un chemin vers l’éveil.

Nathalie Mérand, coordinatrice de la revue Regard

Bonjour à vous !
Dans notre précédent numéro de Regard, nous avons abordé « différentes voies d’éveil », explorant des chemins spirituels, religieux ou philosophiques variés. Cette fois, nous resserrons le propos sur une notion plus précise mais commune à toutes ces pratiques : la dévotion.
Le terme peut paraitre désuet, péjoratif, voire inquiétant. Mes ancêtres instituteurs et anticléricaux l’auraient volontiers fait rimer avec aliénation… Mais grâce à notre intérêt pour les courants spirituels venus d’orient, la notion de dévotion est revalorisée. Les actions dévotionnelles y sont multiples et lumineuses.
Il existe un yoga de la dévotion : le bhakti yoga. Le terme « bhakti » a à voir avec le partage, avec le don. C’est « la plus douce des façons d’être »¹, quand on aime et qu’on honore plus grand que soi, quand on « se donne en offrande à ce qui nous dépasse » écrit Gilles Deniau (p25), quand on « perdure dans un sentiment d’inconnaissance, d’incertitude, d’ouverture et d’accueil » (François Lorin p21).
Patanjali lui explore « isvarapranidhana », l’abandon au seigneur. Dans son article (p14), Michel Alibert nous en explique toutes les subtilités. Il évoque notre « divinité d’élection ».
Et je m’imagine un panthéon personnel de divinités écolos !

À quels dieux se vouer ? Qui prie encore Cernunnos le vieux dieu cornu ? Ou Nantosuelta, déesse de la nature, de la terre et du feu ? J’ai un faible pour Pomona, déesse des jardins et des vergers, pour Sylvanus, dieu des forêts et des clairières.
Je vois des Naïades dans les ondes claires de la Vis, un Faune dans les ombres des frênes…

Combien de divinités oubliées ?
Et la grande Gaïa, la déesse primordiale, celle qui a donné son nom à « l’hypothèse Gaïa », nous l’avons trahie. Je ne pourrais me tenir face à un autel dédié à la Terre-Mère sans pleurer. S’il en existait un.
Peut-être ne me reste-t- il qu’à implorer Kalî ?

Pour Catherine Cavagna, c’est une démarche personnelle de nourrir notre relation au divin. Elle détaille dans son article (p18) toutes les actions et les moyens pour emprunter ce chemin. Quant à Frère Jean, moine orthodoxe des Cévennes, il a choisi de se donner à « la prière du cœur » (p22). Pour lui : « La prière est une goutte de lumière vivante qui féconde tous nos sens et transfigure toute notre existence. ».

Vous trouverez sur le même thème les réflexions de Malek
Daouk et de Michel Nicolas à la rubrique « Regard dans le rétro », ainsi que de magnifiques poèmes envoyés par les adhérents, et bien sûr aux rubriques habituelles, toutes les infos sur la vie à Yosoli !

Bonne lecture !

Nathalie Mérand