Philosophie du Samkhya

Le sage Kapila vers 700 av. JC est réputé avoir établi en 500 versets fondateurs la philosophie du Samkhya.

Ludovic Borrel

Suite au Cercle de parole en présentiel du samedi 25 avril 2026 autour du Samkhya Karika, nous republions ici un texte paru dans le Regard n°57 – mars 2019.

Ludovic Borrel

Le mot Samkhya signifie dénombrement. De quoi s’agit-il ? De l’énumération des principes constitutifs de l’univers. Cette « philosophie-cosmologie » fait partie des 6 darśana, qui forment les « points de vue » orthodoxes de l’hindouisme. Les darśana sont regroupés par affinité et le samkhya est associé aux yoga sūtra de patañjali.

Origine :

Le sage Kapila vers 700 av. JC est réputé avoir établi en 500 versets fondateurs la philosophie du Samkhya. En 300 après JC, Isvaraka en fit un résumé parfait en 70 versets, les Samkhya Kārikā, texte de base largement commenté par la suite. Le Samkhya a connu une popularité extraordinaire autant dans la sphère indienne qu’à l’étranger (il a été traduit en chinois, en arabe…). Tous les systèmes de pensée de l’Inde se réfèrent plus ou moins au Samkhya : il est repris par le Vedānta, le Shivaïsme, le Vishnouisme, dans les textes épiques…

Dans les Yoga sūtra et dans la Bhagavad Gītā notamment, nous allons en retrouver les éléments de base, mais adaptés et quelquefois modifiés. Pour les adeptes du yoga c’est une connaissance essentielle, car elle décrit avec clarté et cohérence la vie de l’homme, dans ses aspects subjectif et objectif. Le texte commence par ce constat : « l’homme est la proie d’une triple souffrance ». S’impose donc la nécessité d’entreprendre une « enquête » sur les moyens de s’en libérer. Pour ce faire, le moyen le meilleur est la connaissance juste du manifesté, du non manifesté, et du connaisseur des phénomènes.

Les Samkhya Kārikā présentent l’inventaire et l’analyse des « Réalités » constitutives du monde et de l’être psychique. Ces « Réalités principielles » sont appelées Tattva, ce qui signifie : « ce qui est cela ». Ce texte décrit précisément 25 tattva ou peut-être mieux 1 + 24 tattva (nous verrons pourquoi plus tard) … les 25 Principes subtils et grossiers sont souvent présentés globalement, sous forme d’un tableau, qui met en valeur la cohésion de l’ensemble. Celui-ci peut se représenter ainsi : les Samkhya Kārikā dénombrent et définissent les vingt-cinq Principes subtils et grossiers, qui constituent la manifestation dans son ensemble. Par ordre de production, en partant du plan causal subtil jusqu’aux plans les plus denses (grossiers), ceux-ci se décomposent en: deux principes fondamentaux Purusa et Prakrti. Ce sont les deux Principes premiers, causes sans cause de l’univers. Le mot Principe signifie « ce qui vient en premier ». Ces deux tattva sont les Principes uniques sans cause qui représentent les racines de l’univers.

1 – LE PURUSA (sens : homme) l’Être spirituel, éternel, omniprésent, il est non né et immuable. « Ni producteur, ni produit tel est le purusa » (Kārikā 3). C’est la conscience pure, l’entité spirituelle. Au niveau individuel, pour chaque homme, le purusa est la conscience incarnée. Il occupe la position de Témoin, il est le connaisseur du champ d’expériences constitué par prakrti. Sa présence sert de catalyseur au développement de celle-ci.

2 – LA PRAKRTI (sens : nature, matière) est la nature originelle qui contient l’univers non encore manifesté. A ce stade elle est non née et elle est appelée « pradhāna » (ce qui est pré-établi) ou mūlaprakrti (mūla : base, racine). Bien qu’étant sans cause, elle est la cause de tous les phénomènes. Elle contient tout et engendre tout. A l’intérieur de sa matrice se trouvent à l’état d’équilibre (samāvasthā), les 3 modes de manifestation, qui sont appelés les trois guna (sens : qualité) : – sattva, symbolisé par la couleur blanche, qui est lumière et révélation – rajas, rouge, qui est mouvement et mutation – tamas, noir, qui est ténèbres et obstruction. (Voir développement sur les guna) La prakrti par l’action des guna, se transforme en dérivés productifs (vikṛti) et leurs modifications (vikāra), qui vont constituer le monde manifesté. Elle est le champ d’expérimentation (k etra) du purusa – qui est connaisseur du champ (k etra jña).

INTERACTION ENTRE PURUSA ET PRAKRTI : SAMYOGA.

Purusa et Prakrti, nous l’avons vu, sont des principes non nés, éternels et sans cause : ils ont cela en commun. Mais ils sont aussi différenciés : prakrti est impermanente et productrice de la manifestation, tandis que purusa est permanent et non producteur. La prakrti est constituée des guna, tandis que le purusa est au-delà des guna. Le contact de purusa avec prakrti est appelé samyoga. Ce n’est pas une union mais c’est une sorte de contact énergétique, dû à la présence magnétique du purusa. Cela est comparé à l’association entre l’aveugle et le paralytique (Kārikā 21). En effet le purusa qui n’est pas actif mais connaît le chemin utilise la prakrti pour atteindre son but, elle qui, aveugle, peut se déplacer mais ne connaît pas la direction. Par cette interaction avec le purusa, la Nature (prakrti), mécanique, non consciente, va se transformer et manifester le monde objectif, les noms et les formes, par l’action des trois guna : cela s’appelle le parināma (sens : transformation évolutive). Le purusa, conscience pure, indifférenciée, du fait de l’activité des trois guna va s’impliquer, s’identifier aux expériences de toutes sortes, qu’il fait avec la prakrti. Ainsi l’évolution du monde se met-elle en marche. Cela crée une sorte de double illusion : à cause de ce samyoga le purusa bien que non agissant par essence, semble être agissant. Et la prakrti bien que non consciente semble être consciente (Kārikā 20). La manifestation a lieu pour permettre les expériences du purusa ainsi que sa libération, kaivalya (Kārikā 31). Celle-ci consiste pour le purusa à se dés-identifier de prakrti et donc à se dégager de la triple souffrance.

TRANSFORMATION, ÉVOLUTION (PARINĀMA)

Nous avons vu que dans la pradhāna les trois guna étaient en équilibre stable. L’action du samyoga va déstabiliser les trois guna, c’est le point de départ de la création. La force dynamique rajas, avec sattva et tamas, va manifester et transformer la prakrti primordiale en monde objectif. La création matérielle est conçue comme une descente de l’énergie, du plan le plus subtil au plus grossier des tattva, l’élément « terre ». Tout s’enchaîne selon la loi de cause à effet : l’effet est potentiellement contenu dans sa cause. C’est un mouvement permanent et immuable qui se déploie dans l’espace et le temps.

LES TROIS GUNA

Les trois guna : sattva, rajas et tamas sont les qualités de manifestation de prakrti. Elles ne sont jamais séparées, et sont comparées à une corde formée de trois brins. Elles dépendent l’une de l’autre et s’entraînent mutuellement. Chacune tend à modifier les autres : cela explique le caractère perpétuellement changeant de toute la nature manifestée. Les trois guna rassemblent trois fonctions complémentaires et contradictoires qui représentent trois stades différents de toute évolution-transformation :

– Sattva est l’existence (Sat), la perfection, le bonheur, le bien, la lumière, la légèreté, l’amour, la compassion…

– Rajas est la source de toute activité, la force et le dynamisme, la passion, engendre la souffrance… – Tamas est résistance à toute activité, blocage, apathie, indifférence, ignorance…

Le purusa excepté, tout est constitué des trois guna, sources de la multiplicité par les combinaisons infiniment variées de leurs énergies. Les différences qui apparaissent dans le monde objectif résultent de la proportion des guna, de la qualité dominante : un état est dit sattvique parce que sattva domine, mais pas pour longtemps, rajas et tamas vont finir par dominer à leur tour. De cela résulte la succession incessante de plaisir, douleur, abattement qui sont l’expérience quotidienne de chacun. Cette triple énergie, par ces interactions infinies, produit des causes et des effets multiples, inextricables en apparence. C’est cela qui rend la vie difficile et douloureuse (triple souffrance).

Le Samkhya nous enjoint de développer une grande discrimination (vivecana), pour démêler tous ces fils enchevêtrés et discerner les causes premières. Cela en vue d’accéder à la stabilité, à la clarté, à la liberté spirituelle. Le Samkhya compare les trois guna à une lampe, pour mettre en valeur leur travail unifié. Comme pour une lampe, leur action est dirigée vers un seul but. En effet, l’assemblage de l’huile (rajas), de la mèche (tamas) et du feu (sattva), permet d’obtenir un résultat unique qui est la lumière (Kārikā 11, 12 et 13). Tout ce jeu des guna offre à l’homme une multitude d’expériences qui engendrent la jouissance (bhoga) et l’attachement. En conséquence le Samkhya nous donne les clés pour nous libérer de ces conditionnements.

3 – MAHAT / BUDDHI

Sous l’effet des guna, prakrti manifeste les sept tattva producteurs (mahat, Ahamkāra et les cinq tanmātra), qui sont autant d’évolués, de plus en plus déterminés, de la Nature matérielle. Le premier tattva de cette série est mahat (le Grand sur le plan cosmique). Mahat est cette première étape où la prakrti encore indifférenciée, est ébranlée par le flux de conscience qui vient la pénétrer. Cette agitation provoque la mise en activité des trois puissances et modes de manifestation, les trois guna. Mahat est appelé aussi buddhi, l’essence intelligente sur les plans cosmique et individuel (macrocosme et microcosme). De par sa position de premier évolué, les qualités de buddhi sont très sattviques : la vertu (dharma), la sagesse (jñāna), le détachement (vairāgya), la puissance (aiśvarya) (Kārikā 23). La puissance de discernement de buddhi (vivecana ou viveka dans les Yoga- sūtra), est la clé du yoga, pour le Samkhya et aussi pour Patañjali.

4 – AHAMKĀRA LA DOUBLE CRÉATION

Création sattvique (rajas + sattva) « les onze », ici le premier évolué est manas (5 dans le tableau / man : penser) qui occupe une position particulière. Il rassemble et coordonne les informations qui viennent des sens et pour cela on le nomme mental perceptuel. Il forme avec Ahamkāra et buddhi un ensemble qu’on appelle les organes internes antahkarana (antah : intérieur, karana : organes), base de la vie consciente. Les perceptions captées par manas sont jugées, acceptées ou refusées par l’égo (Ahamkāra) et l’Intelligence (buddhi) éclaire l’expérience et exerce sa volonté. Ces trois organes internes fonctionnent de façon unifiée avec les cinq souffles vitaux (vāyu) qui circulent dans le corps : prāna, apāna, samāna, udāna et vyāna. Ce réseau des cinq prāna est commun à tous les organes et permet à l’ensemble du corps d’être conscient et actif. Les trois organes internes qui s’exercent dans les trois temps (passé, présent et futur) sont appelés « la maison » et les sens qui s’exercent uniquement dans le présent en sont « les portes ». Manas est dit être le veilleur aux portes des dix sens, que voici : cinq jñānendriya (de 6 à 10 dans le tableau) et les cinq karmendriya (de 11 à 15). Les organes et facultés de connaissance (jñāna + indriya) : ouïe (śrotra), toucher (tvak), vue (caksu), goût (rasanā) et odorat (ghrāna). Les organes et facultés d’action (karma + indriya) : la parole (vāk), la main (pāni), le pied (pāda), l’anus (pāyu) et le sexe (upasthā). Notons que les dix sens sont à la fois les organes et leur pouvoir de percevoir, de connaître et d’agir. Création tamasique (rajas + tamas) « les cinq » éléments subtils appelé tanmātra (de 16 à 20), représentent les propriétés indifférenciées et les qualités perçues dans les cinq éléments grossiers appelés mahābhūta (de 21 à 25), elles en forment le substrat et les produisent. Les cinq essences subtiles, tanmātra (sens : qui consiste en cela) sont : le son (śabda) et la vibration, le contact (sparśa) et la pression, la forme (rūpa) et la couleur, la saveur (rasa) et l’odeur (gandha). De ceux-ci procèdent les cinq éléments grossiers, mahābhūta (sens : grands éléments) : l’éther (ākāśa) évolué du son, l’air (vāyu) évolué du son et du toucher, le feu (tejas) évolué du son, du toucher et de la forme, l’eau (ap) évoluée de ces trois et de la saveur et enfin la terre (prthivī) évoluée de ces quatre et de l’odeur. Ces derniers constituent la sphère physique, ils sont très différenciés (viśesa) et portent particulièrement la marque des guna : on dit qu’ils sont sereins (śānta), violents (ghora) ou torpides (mūdha).

LA VIE DANS LE SAMSĀRA

Le corps subtil Kārikā 39 à Kārikā 55 Dans le Kārikā 55, on nous dit que le purusa, l’Esprit conscient, expérimente la souffrance due à la vieillesse et la mort, jusqu’à l’extinction du corps subtil (linga). Il est utile d’expliquer ici ce principe de « corps subtil » qui se trouve être la clé de la transmigration. Ce corps subtil est investi de dispositions psycho-mentales, les bhāva. Celles-ci dépendent d’une part des samskāra (conditionnements) accumulés durant les vies passées et formant le réservoir des karma, et d’autre part des expériences qui se font dans l’incarnation présente. Le corps subtil est déjà présenté en Kārikā 40 : il comprend tous les Principes, de mahat aux tanmātra inclus : buddhi, Ahamkāra, manas et les 5 tanmātra. C’est cet ensemble durable qui transmigre. Le purusa a deux objectifs (Kārikā 42) : la jouissance du monde par la saisie des sens (bhoga) et la libération (apavarga) du monde objectif par la connaissance. Ce double objectif doit se réaliser selon la loi de cause à effet, appliquée dans la multiplicité de la prakrti. Dans ce cadre préétabli, le corps subtil, nous dit-on, se comporte comme un acteur ou un danseur. Il s’introduit dans des matrices et en surgit sous des formes variées comme éléphant, comme homme, femme. Il prend un corps physique périssable, engendré par les parents, et composé des 5 éléments grossiers (Kārikā 39). Par les dispositions (bhāva) et le jeu des guna, cet Être (purusa + corps subtil + corps physique) va évoluer et va vivre dans le samsāra toutes sortes d’expériences, va s’identifier à toutes sortes de rôles et connaître la triple souffrance. Les Kārikā 46 à 51, nous décrivent de façon précise comment se créent ces expériences psychiques (erreurs, incapacités, contentements et accomplissements… Kārikā 51). Ainsi se poursuit de vie en vie, le jeu de la transmigration tant que perdure le désir d’expériences. Mais celui-ci finit par être assouvi et des dispositions sattviques vont orienter l’homme, vers l’étude, l’intelligence et la connaissance libératrice. L’influence des samskāra s’estompe, le détachement s’installe, le poids du karma s’allège, jusqu’à ce que le corps subtil, cause des désirs, tendances et activités, disparaisse sous l’effet de jñāna (la connaissance). Seule la connaissance, qui établit par vivecana la distinction entre le purusa éternel sujet et la prakrti instable et mouvante, procure la libération définitive, apavarga. Mais qui est libéré et de quoi ?

SYNTHÈSE PURUSA ET PRAKRTI

Tout ce monde objectif manifesté par la Nature inconsciente est produit en vue de la libération de l’Esprit (purusa). La Kārikā 57 nous présente cette image : « comme le lait qui est inconscient agit pour la croissance du veau, ainsi fonctionne la Nature en vue de la libération de l’Esprit ». La Kārikā 59 complète et éclaire cette dernière image : « comme une danseuse s’arrête de danser après s’être montrée sur la scène, ainsi la Nature s’arrête après s’être manifestée au purusa ». Ces deux images nous permettent de comprendre quels sont les liens véritables entre purusa et prakrti. La Nature présente au purusa des objets à connaître, à goûter, et celui-ci jouissant du spectacle (le lait de la vache – la danse) expérimente toutes sortes d’émotions, de désirs, d’attachements, d’identifications à de multiples rôles. Des liens se créent avec la prakrti, qui ne cesse de produire, sans nul bénéfice pour elle-même. Cette production sous l’effet d’un yoga basé sur le discernement finit par s’arrêter, par se tarir, le but du yoga est atteint : c’est kaivalya, l’isolement libérateur. Qu’en est-il ? En fait c’est la prakrti qui est libérée, comme nous allons le voir. Quelle est la cause de cet arrêt, de ce retrait de prakrti? La connaissance libératrice : jñāna L’obtention de jñāna, connaissance par discernement, vient de l’étude des 25 principes. Ce savoir est prise de conscience de ce qu’est prakrti, de ce qu’est purusa, et de leur lien. C’est l’ignorance qui fait dire : l’Esprit est lié, il est libéré, il transmigre. Seule la connaissance nous fait réaliser que le purusa n’est ni lié, ni libéré, pas plus qu’il ne transmigre. C’est la prakrti même, qui sous des aspects divers (divins, humains ou animaux) transmigre, est liée ou est libérée (Kārikā 62). Ce savoir libérateur, naît dans le purusa sous la forme de trois prises de conscience :

– Je ne suis pas la prakrti : Na asmi

– Rien n’est à moi (ce corps et le reste) : Na me

– Il n’y a pas de « Je » ego : Na aham

Alors le purusa installé dans sa propre essence perçoit la prakrti à la façon d’un témoin qui ne s’identifie plus au spectacle. Au début des Yoga sūtra, on nous parle clairement de cet état de non-identification. Pour le purusa, la nature a cessé de produire, de manifester les différents tattva. Elle se retire (Kārikā 65), comprenant que pour elle le spectacle est fini, elle a atteint son but. Le purusa comme un spectateur pour qui le spectacle est terminé, se désintéresse de la manifestation et retrouve sa propre nature qui est isolement lumineux par lui-même (kaivalya). Le commentateur Gaudapada donne une image intéressante pour expliquer la nouvelle relation entre purusa et prakrti : c’est comme le contact entre un débiteur et son créancier, lorsque le débiteur a payé sa dette. Alors le contact entre les deux ne concerne plus l’échange d’argent. De même entre purusa et prakrti il n’y a plus d’intérêt commun. Cependant à cause des samskāra accumulés (les traces des actes antérieurs) le yogi vit encore quelque temps dans son corps. De même que la roue du potier continue à tourner sur sa lancée, bien que le pot soit déjà achevé (Kārikā 67). Lorsque les derniers germes sont consumés, le corps retourne aux cinq éléments et la libération s’accomplit, totale et définitive.

Je tiens à remercier Hélène Marinetti, pour son aide éclairée.

Ludovic Borrel

Extrait du Regard n°57 – mars 2019

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